Julius Evola & René Guénon, " Veilleurs De La Tradition"
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Par Le Groupe ETHERS.
La manière qu’ont eu ces deux auteurs d’appréhender l’idée même de « Tradition »,à maintes fois fait l’objet d’articles, de livres ou de travaux divers. Il n’est donc pas question pour nous de prétendre épuiser le sujet,mais simplement d’essayer de le traiter à notre manière,et peut-être,sous un angle différent ,en évoquant ce qui à notre sens distingua les deux principaux représentants du courant de pensée envisagé.
Nous sommes bien évidemment, de par la nature de notre groupe, amenés à faire les développements méta-politiques qui s’imposent. En espérant que certains principes que ces auteurs ont évoqué,puissent être utiles et transposables,du domaine des idées vers celui d’une concrétisation dans l’ordre politique, et donc utiles aussi, à quelque œuvre de reconstruction des esprits. Cet article a pour seule utilité de commencer à y contribuer.
Déjà, pour classer effectivement les deux champions de l’école Traditionnelle, sur le plan du caractère et les différencier sur celui de l’oeuvre, nous sommes obligés de répéter ce qui a souvent été dit à leur sujet. Julius évola, de par sa personnalité ,était marqué par un tempérament nettement guerrier,bien qu’il ait été aussi un authentique contemplatif, tandis que René Guénon, lui, semblait être caractérisé plutôt par la prédominance du pôle contemplatif.
La distinction entre Brahmane et Kshatriya, selon la typologie des classes fonctionnelles Indiennes ,est si parlante ici,que l’on peut sans se tromper,avancer que les deux métaphysiciens appartinrent ,l’un et l’autre à ces deux types.
Et cette différence de nature,n’est pas sans incidence pour ce qui nous occupe ici,à savoir,en quoi il furent différents,et pourquoi cette distinction que nous croyons utile de faire pour les besoins de cet article,est importante sur le plan des idées.
Tout d’abord,il est clair que Julius évola de par son tempérament donc,se sentait bien plus concerné par l’action que ne pouvait l’être René Guénon. Il suffit de connaître un peu le parcours de ces deux hommes,pour s’apercevoir que cette optique ,cette vision différente,de concevoir le combat,les amena à faire des choix eux aussi ,différents.
Guénon ,tout comme évola,écrivit toute sa vie ,son œuvre est un monument de l’ésotérisme,mais la « Philosophie » qui découle de ses livres,est abstraite,car non impliquée dans le réel. On ne peut sans doute le lui reprocher,car il revenait sans cesse sur ce rôle de transmission qui était le sien,transmission de la lumière et des principes de la tradition.

René Guénon
A la différence du visionnaire foudroyé,qui sa vie durant,consacra beaucoup d’efforts pour que sa production théorique,trouve un terrain d’application dans la société ,l’état,le concret et le monde qui nous entoure. Ce besoin d’infléchir le cours des événements, d’agir sur le monde, il le devait à son équation personnelle. Celle-ci le prédisposait à se positionner clairement à partir du domaine des idées,en direction de toutes les applications concrètes qu’elles appelaient en développement.

Julius Evola
Si nous disons cela, ce n’est pas pour minorer l’impact qu’a pu avoir l’oeuvre de Guénon sur de nombreux esprits ,à commencer par celui du Baron Evola. Mais évola traduisit en actes et dans son existence,toutes les conséquences que sa vision du monde induisait dans son esprit.
C’est pourquoi il fit une demande pour partir combattre sur le front de l’Est,c’est pourquoi en dépit du fait que dans l’Italie de l’après guerre, les conditions humaines n’étant pas réunies pour révolutionner l’état dans un sens révolutionnaire-conservateur ,il tentât néanmoins d’orienter la jeunesse dans cette voie,dans l’attente d’un possible sursaut.
Mais les idées avancées par l’un et l’autre représentant de la tradition ,ne sont pas et loin s’en faut,foncièrement différentes.
Elles ont au contraire un fond théorique étonnamment solidaire,dans l’une et l’autre de leur déclinaison. Le rejet de la démocratie,du monde moderne et des errements liés au mythe du progrès,le rejet des mythes économiques comme le capitalisme et le communisme,la dénonciation des mécanismes de la subversion en toutes choses et y compris sur le plan spirituel, tout ceci amène donc à penser que les deux philosophes témoignèrent d’une étonnante pensée commune. Mis à part bien évidemment,la querelle qui subsistait entre les deux au sujet de la primauté de la fonction Sacerdotale sur la fonction Royale,sujet dans lequel ils s’affrontèrent ,par écrits interposés,chacun campant solidement sur ses positions.[ 1]
Un autre désaccord majeur était celui sur la franc-maçonnerie,que Julius Evola considérait à raison comme une institution trop fortement dégénérée du point de vue initiatique.
Il ont donc été, tous deux ,des personnalités qui ont laissé une forte empreinte dans le domaine des idées,quoi qu’on en dise, même si ces deux auteurs ne sont pas connus et respectés à la hauteur de leur mérites. Peut-être est-ce la faute du public qui ne les a pas réellement compris, peut-être est-ce dû à un ostracisme culturel,du moins pour évola. Mais toujours est-il ,et là cela devient très intéressant, que des cercles Guénoniens plus ou moins d’obédience Maçonnique, prétendent reprendre l’héritage de René Guénon, ça en devient même risible quant l’on sait avec quelle virulence-et bien qu’il fût lui-même Franc-maçon -ce dernier dénonça à de multiples reprises, le non-sens démocratique,l’absurdité d’un tel système ,son caractère décadent et anti-traditionnel.
Si ces personnes étaient un tant soit peu conséquentes,elles iraient jusqu’au bout de leurs idées,et claqueraient la porte de la F.Maçonnerie. Mais qu’il est confortable de débattre dans un cénacle de ce genre, de se prendre pour un initié,et de profiter des prérogatives que le système en place délivre aux rebelles et autres « initiés »si politiquement corrects !
On peut certainement avancer que si la métaphysique de guénon était un tant soit peu comprise, au moins dans ses possibles interférences avec l’ordre humain et politique, cela reviendrait à donner raison à évola, et à prendre activement le chemin de la révolution de droite.
Il faut absolument lire les travaux de ces deux auteurs,mais il est préférable dans l’optique qui est la nôtre,de donner l’avantage au Baron,du moins pour des personnes de notre bord voulant se doter d’une authentique culture de droite, lire évola est un impératif.
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Par Le Groupe E.T.H.E.R.S.
[1] L’opposition devient plus complète encore en 1929 lorsque Evola s’insurge contre un autre livre de Guénon,Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel dans lequel est affirmée,sur la base de données traditionnelles,la thèse de la supériorité de la Contemplation sur l’Action,et par conséquent celle des Brahmanes sur les Ksahtriyas dont la volonté d’émancipation est condamnée dans son principe même,quelle que soit,au moment où elle s’exprime,la qualification effective des premiers sur le plan spirituel. ( Jean -paul Lippi Evola qui suis-je Editions Pardès page 26 )
Pour entreprendre l’oeuvre de René Guénon quelques Ouvrages majeurs :
Aux Editions Gallimard
La Crise du Monde Moderne.
Le Règne de la quantité et Les Signes Des Temps.
La Grande triade.
Le Roi Du Monde.
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Guy Trédaniel Editeur/Editions Véga
Autorité spirituelle Et pouvoir Temporel.
Le Symbolisme De La Croix.
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Pour entreprendre l’oeuvre de Julius Evola,Quelques ouvrages majeurs.
Révolte contre le Monde Moderne.
L’Arc Et La Massue.
Orientations.
Masque et Visages Du Spiritualisme Contemporain.
Le Mystère du Graal et l’Idée Impériale Gibeline.
Les Hommes Au milieu Des Ruines.


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